Beau Bizarre

/ Michel Schweizer

a partir de "Les vestiges du chaos" de Christophe  / (2016) 

Conception : Michel Schweizer

Textes :  

Scénographie / Lumières: 

Assistanat: 

durée 40 mn 

 

 

Le choix de ce chanteur m’oblige à un rewind puisque sa voix a, dés, 1972 colorée mes mises en scène sentimentales… et participé à leur organisation soignée car il s’agissait toujours d’essayer de rendre ces rendez-vous amoureux mémorables…

 

Il était alors vital pour moi de choisir judicieusement les lieux, les nuances lumineuses, l’épaisseur des parfums et surtout la couleur musicale donc l’évidence en faisant ces choix d’accentuer la haute intensité des sentiments à venir…

Et très tôt, j’ai eu l’évidence que ce timbre particulier saurait colorer ces moments et surtout garantir la bonne tenue des slows…capital !

Ce qui s’est produit par la suite est un phénomène courant et qui dure. 

Réentendre une de ses chansons et c’est la garantie que ma mémoire s’émeut. 

C’est un phénomène simple, que je peux vivre en toute discrétion. C’est l’horizon de derrière qui se redessine, celui qui oblige à des torsions parfois douloureuses avec l’âge car nous ne revenons jamais vraiment indemnes du pays de notre jeunesse…

S’empile comme cela une somme de disques qui borne l’histoire personnelle de mes reliefs sentimentaux, témoins sonores d’une vie qui se passe ou plutôt de mon passage sur la ligne du temps.

Cultiver cela avec délicatesse et l’évoquer sans réserve quand je croise à la route des adeptes…

Et comme la voix est devenue muette le 16 avril de cette année… l’invitation de DISCOTAKE était une évidence :  180 gr de vinyle pour la retrouver et partager son absence ». 

 

MICHEL SCHWEIZER

Michel Schweizer n’est pas diplômé en biologie moléculaire. Ne cherche pas à « susurrer la danse à l’oreille ». Ne l’a jamais étudiée à Berlin, Paris ou New York. Ne l’a pas pour autant découverte à l’âge de quatre ans. N’a toujours pas engagé de Plan d’Epargne Logement. Ne refuse pas la rencontre. N’a pas eu la chance d’apprécier l’évidence de la première fois. Ne saurait envisager son activité sans une profonde méfiance. Ne pourrait trouver d’autre mot pour définir ce qu’elle lui occasionne : du luxe. N’a toujours pas eu l’occasion de sourire de son prochain investissement : un costume Slim Fit Hugo Boss. Ni celle de réagir à sa paradoxale acclimatation au dehors. N’a toujours pas relu tout Deleuze. N’a pas la prétention de dire qu’il se trouve prétentieux. Ne travaille pas à « faire vibrer son sacrum ». Ne suppose pas la production sans ce(ux) qui la génère(nt) et l’autorise(nt). N’a pas lu La vie sexuelle de Catherine M… Ne feuillette que très rarement Les Echos ou La Tribune pour les pages publicitaires ou offres d’emploi. Regrette de ne pas avoir pu faire des études d’architecture, d’éthologie, de science du langage ou de design. Profite de l’enchantement que lui procure son appartenance à la classe créative de ce pays.

Progressant dans l’âge se surprend à avoir un sens plus aigüe de la trajectoire humaine. 

A abandonné tout hédonisme et égocentrisme ludique et accepté l’exubérance déclinante de ces capacités cérébrales. Absorbe chaque matin 4 grammes de Selenium-ACE Optimum 50 + parce que l’âge n’est pas une fatalité. Evite de penser que 7000 litres de sang circulent quotidiennement dans son cœur. Evite aussi de penser que son « profil » se dessine désormais en algorithmes. N’a pas entrepris d’audit pour évaluer sa réputation numérique.

Eprouve un certain appétit à expérimenter les « choses » dont il se sent incapable…

 

Depuis plus de 18 ans, il convoque et organise des communautés provisoires. S’applique à en mesurer les degrés d’épuisement. Ordonne une partition au plus près du réel. Se joue des limites et enjeux relationnels qu’entretiennent l’art, le politique et l’économie. Porte un regard caustique sur la marchandisation de l’individu et du langage. Se pose surtout en organisateur. Provoque la rencontre. Nous invite à partager une expérience dont le bénéfice dépendrait de notre capacité à accueillir l’autre, à lui accorder une place. Cela présupposant ceci : être capable de cultiver la perte plutôt que l’avoir…

DISCOTAKE / Ouvre Le Chien - 4 Rue du Port, 33800 Bordeaux - www.discotake.fr - 05 57 01 36 10