Ghost Rider

/ Renaud Cojo 

Conception : Renaud Cojo

Textes : Lester Bangs / Alan Vega

Danseurs : Annabelle Chambon et Cédric Charron

DJ Electro / Son : Johan Loiseau

Scénographie / Lumières: Eric Blosse

Assistanat: Guillaume Odin

Comme pour "Et Puis J'ai Demandé à Chrisitan de Jouer l'Intro de Ziggy Stardust", cette performance conçue par Renaud Cojo est le fruit d'un travail autour du premier album de groupe Suicide, mené par Alan Vega et Martin Rev en 1977 Ce disque aura une influence considérable sur toute la scène punk et new-wave émergente. Il reste encore l'un des enregistrements remarquables de l'époque. Pourtant l’idée conductrice de cet album était de déconstruire le format traditionnel et proposer une performance. Une sorte d’art brut qui énervera les rares spectateurs et privera le groupe de salle plusieurs mois durant, car Alan Vega ne put s’empêcher de frapper les murs et d’agresser le public lors d’un premier concert. De fait, le groupe entrera dans la légende comme le premier groupe dangereux de rock électronique. Ce qui passionnait Vega, c’était le fait de se produire sur scène sans aucune contrainte, à l’instar d’un Iggy Pop, dont il était fan. Le groupe fait peur, car personne ne sait à qui s’attendre, sa musique est obsédante jusqu’à l’énervement, monotone et dissonante comme pouvait l’être celle du Velvet Underground, les paroles minimales souvent hurlées ou chuchotées de manière incompréhensible posent une question à tous ceux qui voudraient les enregistrer : « Comment faire » ? Suicide sera un disque historique grâce à la production de Craig Leon (Blondie, The Ramones). Les personnages qui hantent l’album, le Ghost Rider, Johnny ou Franckie Teardrop sont tous à la dérive. Mélange de beauté avant-gardiste et de bruitisme, cet opus qui saigne de toutes ses pores deviendra un objet culte pour des groupes aussi divers que Depeche Mode, Human League, Peaches… Dans cette performance, il s’agira de restituer cette dynamique de création également à travers le contexte historique et social dans lequel le phénomène punk a explosé.

 

Issus pour l’un, du CNSMD de Lyon et du Performing Arts Research and Training Studios pour l’autre, Annabelle Chambon et Cédric Charron intègrent la compagnie Troubleyn / Jan Fabre en 2000. En 17 ans de collaboration ils ont œuvré à toutes les créations majeures du flamand, de As Long As the World Needs a Warrior’s Soul (2000) à Mount Olympus/ To Glorify the Cult of Tragedy (2016).

 

Renaud Cojo est né en 1966, grandit en banlieue bordelaise. Il suit des études de sociologie, socialise et s’isole. Il crée son premier alias en 1990 et s’appelle désormais Renaud Cojo. Comédien, metteur en scène, auteur, performeur, réalisateur, il rencontre le théâtre grâce à la musique. En 1991, il crée le label Ouvre le Chien avec lequel il dirige plusieurs projets. D’emblée il affirme la spontanéité de son langage en s’opposant aux mécanismes de la représentation pour une forme esthétique libre, et articule son travail autour de thématiques complexes alliant des notions d’instinct, d’ambiguïté, de fragmentation, d’ébauche. ("Les Taxidermistes", "What in the World", "Lolicom").

"Pour Louis de Funès" de Valère Novarina (Avec Dominique Pinon) est créé en 1998 au Théâtre de la Bastille et proposé en tournée nationale sur les saisons suivantes. Il constitue une échappée vers une forme plus entendue de reconnaissance théâtrale.

Cojo traverse le théâtre institutionnel en questionnant la représentation de la figure humaine, son entendement monstrueux, grâce à sa « trilogie involontaire ». Il présente en 2000 la création française "Phaedra’s Love" de Sarah Kane (avec Thierry Frémont) au Théâtre de la Bastille. Pour le Festival d’Avignon en 2002, il crée "La Marche de l’architecte" de Daniel Keene et propose l’étouffant "Sniper" de Pavel Hak dans un dispositif électro-acoustique à La Ferme du Buisson et Villeneuve d’Ascq (Labomatic, 2005).

Outre la création théâtrale, il publie le poème-fleuve "Rave/ma religion" aux éditions William Blake and Co dont il donne une version performative en 2005. Il joue dans les premiers spectacles de Michel Schweizer ("Kings", "Scan") et s’agite aux côtés de Patrick Robine dans "Le Zootropiste" au Théâtre du Rond-Point (2005 et 2006). Réalisateur, il initie "Band In A Phone", projet de captation filmique intégrale, via téléphones portables pour un concert du groupe flamand Zita Swoon. Après la création de "Elephant People" (2007), pop opéra dont la thématique est celle des monstres forains et dont la musique est jouée en direct sur scène par The Married Monk (Discograph Label), "Et puis j’ai demandé à Christian de jouer l’intro de Ziggy Stardust" (en tournée européenne 2010/2013, reprise en 2015 à la Philharmonie de Paris) propose un théâtre-performance confrontant l’individu à l’instabilité de son identité.

Dans la continuité de ce travail, Renaud Cojo prolonge la question de l’identité virtuelle comme moteur d’un théâtre-vérité investissant le champ des réseaux sociaux à travers Plus tard, j’ai frémi au léger effet de reverbe sur « I Feel Like A Group Of One » (Suite Empire) et "Œuvre/Orgueil" d’après les travaux d’Edouard Levé au Théâtre National de Bordeaux-Aquitaine en 2014.

En 2015, il tourne son premier film "Low "pour la trilogie "Low/Heroes, un Hyper-Cycle Berlinois" qu’il met en scène à la Philharmonie de Paris avec l’Orchestre National d’Ile de France à l’occasion de l’Exposition David Bowie IS. La même année il réalise un clip vidéo pour Bertrand Belin, Je Parle En Fou (Production Wagram/Cinq 7).

En janvier 2016, il crée la performance Par la Preuve Que que le réel n’existe pas, forme légère pour deux interprètes qui évoque l’invisibilité sociale dans le cadre du festival FACTS (Festival Arts et Sciences de Bordeaux et en tournée 17/18). Le projet "Haskell Junction" mêlant théâtre, performance, cinéma, est créé en octobre 2017 au Théâtre National Bordeaux-Aquitaine et diffusé en France sur les saisons 17,18, 19. Scénariste de la bande-dessinée "Des Pères au Combat" (Sandrine Revel, dessinatrice), son album paraîtra en 2020 au Editions Les Arènes. Il porte pour les années à venir une multitude de projets, grâce à de nombreuses rencontres fortuites et ou savamment calculées. Depuis Octobre 2018, il est Directeur Artistique du Festival Facts (Arts et Sciences), Université de Bordeaux.

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